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Vente d'Antoine François Crespin, Marie Catherine De Mory et Marie De Mory à Philippe Bricout et Marie Leduc : 03.03.1673 [E2465/13]

Lettre d'achat d'une rasière de terre labourable à prendre en diverses pièces au terroir dudit Cattenières au profit de Philippe Bricout et Marie Leduc sa femme demeurant audit Cattenières. Reçu le dernier jour d'avril 1673.

Sachent tous présent et à venir que par devant honnête personne Amand Hutin, à ce jour mayeur de la terre et seigneurie de Cattenières et en la présence de Thomas Ségard, Fremin Daix et Etienne Moreau, échevins dudit Cattenières à ce faire qui s'en suit, spécialement requis et appelés, vinrent et comparurent en leurs personnes Antoine François Crespin et Marie Catherine De Mory sa femme et Marie De Mory à marier, âgée de vingt trois ans, demeurant en Cambrai, lesquels de leur bon gré, pure, franche et libérale volonté, sans aucune contrainte, induction ni séduction, mêmement ladite femme quant à ce de son dit mari suffisamment autorisée, dirent, reconnurent et confessèrent que pour leur plus grand profit et utilité, évident apparant pieux marché que celui présent éviter et meilleur faire, parmi et moyennant le prix et somme de soixante florins carolus, monnaie de Flandre telle que de vingt pattars chacun florin, qu'ils ont confessé avoir eus et reçus comptant à leur apaisement de Philippe Bricout et Marie Leduc sa femme, demeurant audit Cattenières, et dont ils s'en sont tenus et tiennent pour contents et bien payés, si ont quitté et quittent tous ceux et celles à qui quittance appartient à toujours. A cette cause, ils avaient et ont vendu, cédé, quitté et transporté, comme par ces présentes ils vendent, cèdent, quittent et transportent bien justement léamment et sans fraude, perpétuellement et à toujours audit Philippe Bricout et Marie Leduc sa femme, conjoints acheteurs, présents et acceptant, une rasière de terre labourable mainferme à prendre indivisement en sept mencaudées situées au terroir dudit Cattenières en diverses pièces. Si comme un tiers d'une mencaudée prise en deux mencaudées tenant à cinq mencaudées de Messeigneurs du vénérable Chapitre de l'église Métropolitaine de Cambrai, à une rasière des pauvres dudit Cattenières et au chemin menant d'Estourmel à Haucourt. Item six pintes prises en neuf boitellées tenant à sept mencaudées de l'hôpital St Julien, à cinq mencaudées des hoirs du Sieur Jacques de Francqueville et à quatre mencaudées de la chapelle Saint Jacques. Item deux pintes prises en trois boitellées tenant à quatre mencaudées desdits Seigneurs du Chapitre, à deux mencaudées de Marie Bricout et à trois mencaudées de St Calixte. Et finalement un tiers de deux mencaudées tenant audit chemin d'Estourmel à Haucourt, à quatre mencaudées desdits seigneurs du Chapitre et à sept mencaudées de l'abbaye de Fontenelle. Ainsi que ladite rasière de terre se comporte et extend sans y rien réserver, retenir ni mettre hors.

Pour lequel vendage conduire et demeurer valable, être tenu ferme et stable et sortir son plein et entier effet, perpétuellement et à toujours, lesdits comparants vendeurs, de leur bon gré ladite femme autorisée comme dessus, mirent, werpirent et rapportèrent es mains dudit mayeur comme es mains de seigneurs et de justice, présents lesdits échevins dessus nommés, bien suffisamment et à loi, toute la rasière de terre ci-dessus entièrement déclarée et s'en dessaisirent, dévêtirent et déshéritèrent, issirent hors et y renoncèrent une fois, seconde et tierce, perpétuellement et à toujours, pour lesdits acheteurs en adhériter et mettre en bonne possession et saisine. Si leur promirent, eurent en commun lesdits vendeurs de l'un pour l'autre et l'un d'eux seul pour le tout, in solidum, sans division ni ordre de discussion, conduire et garantir cette présente vente envers et contre tous de tous troubles et empêchements quelconques comme tous léaux vendeurs sont tenus et soumis de faire jusqu'aux dires des juges et selon les us et coutume de ce pays et comté de Cambrésis. Et même ladite Marie De Mory de ratifier cette présente vente lorsqu'elle aura atteint l'âge de majorité, le tout à la charge des rentes foncières et redevances anciennes que ladite rasière doit et peut devoir tant seulement et sans nul autre empêchement. Si comme ils jurèrent et affirmèrent par leur serment solennel suivant ladite coutume. Et puis de toute ladite rasière de terre ci-dessus entièrement déclarée, lesdits Philippe Bricout et Marie Leduc sa femme, conjoints acheteurs, furent et ont été, à leur requête par les mains dudit mayeur comme par mains de seigneurs et de justice présents lesdits échevins, adhérités, saisis, vêtus et mis en bonne possession et saisine, bien suffisamment et à loi, pour par eux en jouir, user et posséder comme de leur propre bien et léal acquet, le cours de leurs deux vies durant et après leurs deux décès et trépas advenus et non devant, retourner, compter et appartenir à tous leurs enfants qu'ils ont et avoir pourront procréer de leur conjonction, à répartir entre eux également autant à l'un comme à l'autre, sans autrui y avoir part, en tant toutefois qu'autrement ils n'en disposeraient ou ordonneraient conjointement, dont et de ce faire, ils en ont retenu et retiennent la puissance et faculté tant qu'ils vivront selon lesdits us et coutume de ce dit pays et comté de Cambrésis. Ce fut ainsi fait et passé audit Cambrai par obéissance prise où il appartenait le troisième jour du mois de mars an seize cent septante trois.

Suivent les signatures d'Amand Hutin, Fremin Daix, Thomas Ségard, Etienne Moreau et Harou (notaire).

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