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Contrat de mariage : Félix BEAUVILLAIN et Marie Catherine LAUDE : 24-12-1736 [2E26-239]

Comparurent personnellement Félix Beauvillain, fils unique à marier de Michel Beauvillain, laboureur, et de défunte Marie Thérèse Hutin qui furent conjoints, ses père et mère, assisté et accompagné de son dit père, de Michel Courbet son compère demeurant à Awoingt, d’André Cotteau son grand-oncle maternel demeurant à Caudry et de Roch Hutin son oncle maternel demeurant à Maurois d’une part, et Marie Catherine Laude, fille aussi à marier de Philippe Antoine Laude, laboureur, et de Marie Catherine Bracq, conjoints ses père et mère, assistée et accompagnée de ses dits père et mère, de Pierre Joseph Laude son frère, demeurant à Tabeaumé paroisse de Caudry, et de Pierre Antoine Gabet son cousin germain demeurant audit Caudry d’autre part, lesquels comparants de leur bon gré, reconnurent que pour parvenir au mariage entre eux concerté qui de bref, au plaisir de Dieu, se passera et solennisera en face de notre mère la Sainte Eglise si elle y consente et accorde d’entre ledit Félix Beauvillain et ladite Marie Catherine Laude, futurs mariants, ont fait les devises promesses et conditions dudit mariage en la forme et manière que s’en suit.

Et premier, quant est des biens et portement de mariage dudit Félix Beauvillain, ledit Michel Beauvillain a par le présent, sous le bon plaisir néanmoins des propriétaires des terres, marché et cense après déclarés, cédé, résigné et rétrocédé au droit et profit desdits deux futurs conjoints, présent et acceptant sous les charges, conditions et exceptions ci-après déclarées, les droits de baux et jouissant tel qu’il jouit prestement et qu’il tient à ferme tant de l’abbaye du vivier d’Arras que de l’abbaye de Saint André du Cateau Cambrésis, de toute la maison, cense, terres et marchés qu’il tient à ferme desdites abbayes comme dit est, avec aussi et y compris la dîme de ladite abbaye de Saint André et sept mencaudées tenues à ferme d’autres propriétaires, le tout situé audit Awoingt, pour en jouir par lesdits deux futurs conjoints auxdits titres en communauté et ensemble avec ledit Michel Beauvillain jusqu’au jour du décès d’icelui, d’un commun accord et consentement dont ledit Michel Beauvillain en sera toujours le premier chef, pendant sa vie durant seulement. De plus leur cède et abandonne aux mêmes fins tous les chevaux, les outils, harnas et ustensiles de labour, le troupeau de bêtes blanches, bestiaux et autres effets mobiliaires tant à présent dans ladite cense et en dépendant, pour en jouir de communauté comme dessus le tout à charge des dettes et autres charges s’il s’en trouve qui seront aussi de communauté comme dessus, et après le décès dudit Michel Beauvillain, le tout reste auxdits deux futurs conjoints.

Etant néanmoins convenu et accordé qu’arrivant le décès dudit futur par avant son dit père et aussi par avant sa dite future épouse, en ce cas, il sera libre à son dit père de se retirer sur son bien en fond pour y résider dans trois places que ladite future épouse sera tenue lui faire bâtir pour y résider à sa première réquisition, et icelles places de quinze à seize pieds de creux chacune et de la qualité qu’ont les fait ordinairement audit Awoingt et aura ledit Michel Beauvillain droit de jouir de deux places qui lui seront fournies dans ladite cense jusqu’à ce que lesdites trois places seront achevées sur son dit fond. Sera au surplus ladite future épouse audit cas tenue de payer et fournir audit Michel Beauvillain, présent et acceptant, par chacun an, sa vie restant seulement, savoir la somme de trente patacons. Item, trente mencauds de blé, douze rasières d’orge, deux cent de jarbe, deux cordes de vois rendues chez lui et un cochon gras valable seize florins. A commencer à payer pour la première année du jour qu’il sortira de ladite cense, que lors, il lui sera aussi livré une fois, savoir deux vaches à son choix de ladite cense, le lit garni dudit Beauvillain, sa garde-robe, ses habits et linges et la somme de trente patacons aussi une fois pour sa ménagère et aura aussi droit de se servir d’un cheval de ladite future épouse toutes les fois qu’il en aura besoin pour aller et venir, vaquer à ses affaires pendant sa vie durant. De plus sera aussi ladite future épouse audit cas tenue de labourer tant en saison et mars cinq mencaudées de bien en fond dudit Beauvillain pendant sa vie durant seulement et les dépouilles en provenant lui charrier et lui laisser place pour l’engranger un temps, et lui voiturer aussi son fumier. Et à l’instant ledit futur mariant s’est volontairement obligé de payer annuellement sa vie durant seulement la somme de huit florins au profit de sœur Jeanne Brigitte Beauvillain sa tante, religieuse au couvent de Brigitines à Douai. Duquel portement de mariage ladite Marie Catherine Laude future mariante assistée que dessus a déclaré s’en tenir pour contente et bien apaisée.

Et à l’égard des biens et portement de mariage de ladite Marie Catherine Laude, ses dits père et mère ont déclaré et promis de lui donner et fournir en avancement de son dit mariage et par elle acceptante la somme de quatre mil florins, monnaie de Flandre, payable et délivrable, savoir trois mil six cents prestement et les quatre cents florins restant au jour de noël de l’an qu’on dira mil sept cent trente neuf. De plus, promettent et s’obligent de lui laisser suivre après leurs deux décès en vertu d’un simple rapport par eux ci-devant fait es mains de loi à son profit, deux pièces de terres au terroir de Caudry sur la seigneurie dudit Tabeaumez, la première pièce contenant cinq boitellées et la seconde une mencaudée et deux verges plus particulièrement déclarées par abouts et tenants dans les devoirs de loi pour ce expédiés pour par elle en jouir en toute propriété sitôt le décès du dernier vivant desdits donateurs. De plus, s’obligent de lui laisser aussi suivre après leurs deux décès tous les biens meubles et effets mobiliaires à elle désignés et spécifiés dans le contrat de mariage dudit Pierre Joseph Laude son frère fait avec Marie Michelle Christine Leduc sa première femme, pour suivre et tenir la côte et ligne par convention expresse faite entre les parties parents et assistants soussignés. Duquel portement de mariage ledit Félix Beauvillain futur mariant assisté que dessus a pareillement déclaré s’en tenir pour content et bien apaisé.

Ayant été expressément convenu et accordé entre les parties parents et assistants soussignés que le dernier vivant desdits deux futurs conjoints aussi bien avec hoirs que sans hoirs demeurera seul propriétaire et paisible possesseur de tous les biens meubles, droits de baux de marché et cense, effets mobiliaires et tout ce qui est réputé pour meubles tels qu’ils se trouveront délaissés par le prémourant au jour de son trépas sans toutefois aucunement préjudicier aux biens meubles et effets mobiliaires qui doivent suivre et tenir la côte et ligne de ladite futures épouse comme est repris au port d’icelle, et à charge de par le survivant payer les dettes, obsèques, service et funérailles dudit prémourant.

Tout lequel contrat de mariage et choses dites lesdites parties ont respectivement promis tenir, entretenir, payer, fournir et entièrement accomplir de point en point et en la manière dite par leur foi et serment sous l’obligation de leurs personnes et biens présents et futurs et sur soixante sols tournois de peine à donner à tel juge qu’il appartiendra renonçant à toutes choses contraires. Ce fut ainsi fait et passé audit Tabeaumé en Cambrésis par devant le notaire royal de la ville de Cambrai, pays et comté de Cambrésis résident à Prémont soussigné en présence desdits assistants non obligés dénommés au préambule du présent contrat, requis pour témoins à ce appelés le vingt quatrième de décembre mil sept cent trente six.

Suivent les signatures de Félix Beauvillain, Marie Catherine Laude, Michel Beauvillain, Michel Courbet, Roch Hutin, André Michel Cotteau, Antoine Laude, Marie Catherine Bracq, Pierre Joseph Laude, Pierre Antoine Gabet, Michel Laude et Leducq (notaire).

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