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Testament d'Anne BERLECQ veuve d'Adrien MARONNIER : 27-10-1684 [2E26-32]

Par devant moi notaire apostolique soussigné et en la présence des témoins ci-après nommés, comparut personnellement Anne Berlecque veuve de feu Adrien Maronnier, demeurant à Elincourt en Cambrésis, étant un peu incommodé de corps, étant néanmoins sur ses pieds, ayant bon propos, mémoire, esprit et entendement, considérant qu’il n’y a rien plus certain que la mort et de plus incertain que l’heure d’icelle, voulant pour cela mourir intestat, a fait son testament et ordonnance de sa dernière volonté en la forme et manière suivante, en renonçant à tous autres qu’elle pourrait avoir fait par ci-devant et retenant en son pouvoir d’icelui accroître, révoquer, augmenter ou diminuer toutes et quante fois que bon lui semblera.

Premièrement, elle recommande son âme à Dieu son père créateur quand elle sortira de son corps, à la Vierge Marie, à sainte Anne sa patronne et à toute la cour céleste, les priant de recevoir son âme et la mettre au nombre des bienheureux et laissant son corps à la terre pour être inhumé dans l’église de la paroisse d’Elincourt.

Voulant que ses obsèques et funérailles soient célébrés sitôt après son trépas selon qu’à son état appartient, le tout à la discrétion de ses héritiers de même que le choix de la sépulture, croyant qu’ils s’en acquitteront dûment.

Quant est de ses biens temporels que Dieu lui a prêté en ce monde, elle donne et légatte à son fils Georges Maronnier toute la quantité d’avoine qu’elle a dans son grenier à elle appartenant. Plus elle lui laisse et légatte encore cent florins carolus qu’elle a mis chez Florent Lieura, mulquinier de son stil, bourgeois de Cambrai pour avoir ses douceurs et autres nécessités étant religieux et cela par dessus la dote et la somme qu’elle s’est obligée de payer à son abbé d’Honnecourt et ce pour le bon amour et affection qu’elle lui porte.

Plus, elle donne et légatte aux trois enfants de Philippe Maronnier son fils aîné, provenant de Marie Taisne sa première femme la somme de cent florins carolus qu’elle entend et veut absolument qu’ils soient employés pour décharger leur maison provenant de feue leur mère.

Item elle donne et légatte à Catherine Maronnier cinquante florins pour décharger le jardin et héritage que ses père et mère ont acheté de feu Jean Francart.

Item elle donne et légatte à son neveu Adrien Maronnier fils dudit Philippe et Marie Taisne toute la quantité du reste de l’argent qui reste à lui payer par compte fait avec lui par une obligation qu’elle tient ladite légatrice. Item elle lui donne sa vache à raison des …. soins qu’elle en a lui et la bonne amitié et sollicitude exacte et persistante qu’elle lui a porté et porte encore parmi son infirmité et langueur.

Item elle entend et ordonne que ceux qui auront la maison et héritage, là où présentement demeure la testatrice ou testants, à savoir Adrien Maronnier qui en aura la juste moitié et Catherine Maronnier l’autre moitié, seront tenus et obligés de payer et livrer sans difficulté aucune les dettes, obsèques et funérailles.

Item, elle ordonne et veut qu’on célèbre deux obits chaque mois, l’un pour l’âme de feu Adrien Maronnier son mari, et l’autre pour l’heureux repos de la sienne et pour ce sujet elle ordonne quatre liars de cierge pour être allumé pendant qu’on célèbre lesdits obits.

Item elle a ordonné qu’on célèbre trois saluts avec la bénédiction du vénérable saint sacrement … et qu’on y chante le staber mater dolorosa est et un autre le miserere applicables aux âmes du purgatoire, nommément pour l’âme de feue Marie Anne Maronnier sa fille et pour lesdits sujets satisfaire et payer elle a laissé et donné cent florins carolus qui sont en garde chez Monsieur Le Guille, chanoine de St Géry à Cambrai, et dureront lesdits obits et saluts ainsi qu’à tant qu’on aura employé ladite somme.

Elle veut et ordonne que tout règne dessus soit fait et exécuté de point en point sans contredit sous peine que celui qui y contredira soit privé de tout ce qu’elle lui a laissé.

Elle a retenu cependant pouvoir changer, diminuer ou augmenter ce présent testament toutes et quante fois que bon lui semblera. Fait et testé audit Elincourt le vingt septième d’octobre mil six cent quatre vingt et quatre, par devant son curé notaire apostolique soussigné et en présence de Pierre Dutordois et Blaise Lévêque censier ici comme témoins à ce requis et spécialement appelés et ici soussignés.

Suivent les marques d’Anne Berlecque testatrice, Pierre Dutordoy, Blaise Lévêque.

Par devant le notaire soussigné les héritiers ont signé cette comme agréant et acceptant ledit testament et se tenant pour bien apaisés et très contents et exécuteront ce que dessus comme dit. Fait le 9 mars 1685.

Suivent les marques de Philippe Maronnier, Jacques Direz, Gaspar Wagon (notaire).

Le 9 mars 1685 comparut personnellement Adrien Maronnier, lequel a promis et promet de se tenir pour bien content et apaisé de ses frères héritiers de feue Anne Berlecque leur mère, moyennant que Jacques Direz a raison de Catherine Maronnier sa femme sœur audit Adrien, lui donnent et livrent trente florins et Philippe Maronnier son frère cinquante florins, lesquels ont promis et promettent aussi lui livrer et fournir à son apaisement et par ainsi ledit Adrien Maronnier a renoncé et renonce à tous biens meubles et autres réputés pour tels que sa dite défunte mère a laissé à ses héritiers nommés en ce présent testament, et quitte bonnement, purement et absolument à toujours sans appel lesdits héritiers, leurs biens hoirs et ayant cause généralement de tous chefs quelconques dont ledit Adrien Maronnier ou ses ayants la leur pourrait faire demande, action ou poursuite tant pour ses prétentions qu’il a ou pourrait avoir par son contrat de mariage ou autres choses ou pour le temps à venir, à quelque cause raison ou moyen que ce soit ou puisse être de tous temps passé jusqu’à cet jourd’hui. Ainsi daté, fait à Elincourt le jour, mois et an que dessus par devant le notaire apostolique soussigné et posant chacun ici leur marque ordinaire et de Guillaume Taisne comme témoin à ce appelé.

Suivent les marques d’Adrien Maronnier, Jacques Direz, Philippe Maronnier, Guillaume Taisne, Gaspar Wagon (notaire).

Le soussigné Adrien Maronnier a reçu trente cinq florins de Jacques Direz comme il est ici déclaré dont il s’en tient pour content et bien apaisé et les quitte.

Suit la signature d’Adrien Maronnier.

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