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Contrat de mariage : Vincent VELY et Marie Anne PROYE : 01-12-1716 [2E26-230]

Comparurent personnellement Vincent Velly, berger de son stil, fils naturel à marier de feu Jérôme Velly, vivant aussi berger de son stil, et d’encore vivante Marie Lacheron, ses père et mère, assisté et accompagné de sa dite mère, demeurant à Serain d’une part, et Marie Anne Proye, fille aussi à marier de feux Jacques Proye, vivant laboureur, et de Jeanne Bonneville qui furent conjoints ses père et mère, assistée et accompagnée de Jacques, Anne Catherine et Marie Joseph Proye, ses frère et sœurs, et de Jacques Bonneville son oncle du côté maternel, laboureur, tous demeurant à Dehéries les Walincourt, d’autre part. Lesquels comparants, de leur bon gré, sans contrainte ni séduction, reconnurent que pour parvenir au mariage entre eux concerté, qui de bref au plaisir de Dieu se passera et solennisera en face de notre mère la Sainte Eglise si elle y consente et accorde d’entre ledit Vincent Velly et ladite Marie Anne Proye, futurs mariants, ont fait les devises, promesses et conditions dudit mariage en la forme et manière que s’en suit.

Et premier, quant est des biens et portement de mariage dudit Vincent Velly, icelui avec sa dite mère, ont déclaré et mis en avant qu’à lui futur mariant compte et appartient prestement savoir : le nombre de quarante bêtes blanches portant laine tant moutons, brebis, anthenois qu’agneaux, comme aussi le nombre de dix mencauds de blé, le tout étant présentement en sa possession. Duquel portement de mariage, aussi bien que des autres effets mobiliaires dudit futur mariant qui ne sont ci-dessus spécifiés, ladite Marie Anne Proye, future mariante, assistée que dessus a déclaré s’en tenir pour contente et bien apaisée sans qu’il soit besoin d’en faire ici plus particulière déclaration.

Et à l’égard des biens et portement de mariage de ladite Marie Anne Proye, icelle avec ses dits assistants ont déclaré et mis en avant qu’à elle future mariante compte et appartient prestement en vertu de donation par devoirs de loi ci-devant faits à son profit par ses dits père et mère, la juste moitié par indivise de tout un certain jardin et héritage amazé de maison et estinette contenant trois boitellées en total, à partager ci-après à l’encontre de ladite Anne Catherine Proye sa sœur pour l’autre pareille moitié, situé audit Dehéries tenant de lisière au pré du seigneur, d’autre lisière à l’héritage de Nicolas Blondiau, d’un bout par derrière au jardin de Jean Jacques Flavigny, et par devant à la rue menant à Walincourt. Laquelle donation et devoirs de loi de la totalité dudit jardin et héritage faite au profit desdites Marie Anne et Anne Catherine Proye pour chacune moitié, lesdits assistants ont déclaré les tenir pour bien fait, bon valable et irrévocable à toujours. Déclarant au surplus ladite future mariante avec ses dits assistants qu’à elle compte et appartient aussi prestement savoir : la sixième partie par indivise d’un petit jardin et héritage venant de la succession de sa dite mère, situé audit Dehéries, non amazé tenant de lisière à l’héritage de Nicolas Blondiau, d’autre lisière à celui dudit Jacques Bonneville, et par devant à ladite rue menant audit Walincourt. Comme aussi la sixième partie par indivise d’une demie mencaudée de terres labourables séante au terroir de Blécourt, plus particulièrement déclaré par abouts et tenants dans les titres en faisant mention, le tout à partager ci-après à l’encontre de ses cohéritiers. Avec au surplus la troisième partie de toutes les pièces de meubles et aménagement qui se trouvent à présent existant dans ladite maison et héritage ci-dessus déclarée au présent port de mariage à partager à l’encontre desdites Anne Catherine et Marie Joseph Proye, à l’exception néanmoins des trois pièces mobiliaires que ladite Marie Joseph Proye a par avantage pour droit de maisneté mobiliaires suivant la coutume. Et comme la totalité dudit jardin et héritage amazé appartenant auxdites Marie Anne et Anne Catherine Proye ci-dessus déclaré par abouts et tenants au présent port de mariage se trouve à présent principalement rapporté, avec aussi pour subsidiaire, deux fiefs situés audit Dehéries appartenant audit Jacques Proye, le tout pour sécurité d’une rente annuelle de six cents florins en capital au profit du monastère de Saint Lazare en Cambrai, a été ce jourd’hui amiablement convenu, consenti et accordé que dorénavant lesdites Marie Anne et Anne Catherine Proye, sœurs, auront à leur charge le tiers de ladite rente et deniers capitaux et les deux autres tiers seront et demeureront à la charge dudit Jacques. Laquelle rente annuelle lesdites Marie Anne et Anne Catherine Proye pour ledit tiers, et ledit Jacques Proye pour les deux autres tiers, ont promis et seront tenus la payer annuellement au jour de l’échéance (sans pouvoir différer ni laisser écouler plus d’une demie année d’arrérages) jusqu’au remboursement dudit tiers de la somme principale que lesdites Marie Anne et Anne Catherine Proye en pourront faire ensemblement chacune par moitié quand plaisir et aisement en auront que lors ledit Jacques Proye s’oblige et sera tenu faire le remboursement entier pareillement des deux autres tiers de ladite somme principale, rente et arrérages, ou autrement de faire lors une nouvelle création de rente à sa charge pour l’indemnité de ses dites sœurs. Duquel portement de mariage ledit Vincent Velly, futur mariant, assisté que dessus, a pareillement déclaré s’en tenir pour content et bien apaisé.

Ayant été expressément conditionné et accordé entre les parties, parents et assistants susnommés, qu’arrivant le décès de ladite Marie Anne Proye par avant son dit futur époux, aussi bien avec hoirs que sans hoirs, en ce cas icelui aura droit de jouir de ladite moitié de jardin et héritage ci-dessus déclaré appartenant à ladite future mariante comme est repris en son port de mariage, usufructuairement sa vie durant seulement. Voulant et entendant lesdites parties, parents et assistants susnommés, que la présente condition porte à l’avenir son plein et entier effet audit profit dudit futur mariant ledit cas arrivant comme dessus, sans qu’il soit besoin d’en faire aucun devoir de loi ni autres formalités à ce sujet, nonobstant tous us et coutume. A quoi ils ont expressément dérogé et dérogent par ceste, sans qu’eux ni leurs ayants cause puissent aller au contraire.

Si, a été au surplus conditionné et accordé entre lesdites parties que le dernier vivant desdits deux futurs conjoints aussi bien avec hoirs que sans hoirs, demeurera en tous biens meubles, noms, raisons et actions mobiliaires réputés tour tels que délaissera le prémourant, à charge de par le survivant payer les dettes, obsèques, service et funérailles du prédécédé.

Tout lequel contrat de mariage et choses dites, lesdites parties ont respectivement promis tenir, entretenir, laisser jouir, faire valoir et garantir, payer fournir et entièrement accomplir de point en point et en la manière dite, par leur foi et serment, sous l’obligation de leurs personnes et biens présents et futurs et sur soixante sols tournois de peine à donner à tel juge qu’il appartiendra renonçant à toutes choses contraires. Ce fut ainsi fait et passé audit Dehéries en Cambrésis par devant le notaire royal de la résidence de Prémont soussigné en présence de Nicolas Blondiau mulquinier demeurant audit Dehéries et de Jean Jacques Flavigny demeurant à Elincourt, requis pour témoins à ce appelés le premier décembre mil sept cent seize.

Suivent les marques et signatures de Vincent Velly, Marie Anne Proye, Marie Lacheron, Jacques Proye, Anne Catherine Proye, Marie Joseph Proye, Nicolas Blondiau, Jean Jacques Flavigny, Leduc (notaire).

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