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Contrat de mariage : Jean PLICHAR et Marguerite TAISNE : 27-10-1715 [2E26-230]

Comparurent personnellement Jean Plichar, mulquinier de son stil, jeune homme à marier de feu Jean Plichar, vivant manouvrier, et d’encore vivante Marie Millot qui furent conjoints ses père et mère, soit disant âgé de vingt huit ans ou environ et suffisamment autorisé de sa dite mère pour faire et passer ce que s’en suit et par laquelle il promet faire apparaître son consentement par devant qui il appartiendra par avant ses épousailles, assisté et accompagné de Daniel Plichar son frère demeurant à Walincourt d’une part, et Marguerite Taisne, veuve sans enfant en première noce de feu Simon Hustin, assistée et accompagnée de Jeanne Proye sa mère, Jean Joseph et Jean Thomas Taisne ses deux frères et de Jeanne Taisne sa sœur et d’Antoine Proye son oncle du côté maternel, tous demeurant audit Walincourt d’autre part. Lesquels comparants, de leur bon gré, sans contrainte ni séduction, reconnurent que pour parvenir au mariage entre eux concerté, qui de bref au plaisir de Dieu se passera et solennisera en face de notre mère la sainte Eglise si elle y consente et accorde d’entre ledit Jean Plichar et ladite Marguerite Taisne, futurs mariants, ont fait les devises, promesses et conditions dudit mariage en la forme et manière que s’en suit.

Et premier, quant est des biens et portement de mariage dudit Jean Plichar, icelui avec son dit frère ont déclaré et mis en avant qu’à lui, futur mariant, compte et appartient en vertu des devoirs de loi et dispositions ci-devant faits à son profit par feue Ruphine Plichar sa sœur et par adhéritance prise par icelui, tout un certain jardin et héritage amazé de maison, chambre et autres édifices situé audit Walincourt tenant de lisière à l’héritage des veuve et hoirs de Jean Chuquet, d’autre lisière à celui de Pierre Soilleux, d’un bout au chemin menant au château et par devant à la rue des poteries, pour par ledit futur mariant en jouir à toujours comme de son propre bien, à charge du viager de sa dite mère conformément auxdits devoirs de loi, duquel portement de mariage aussi bien que du surplus des autres biens dudit futur mariant qui ne sont ci-dessus spécifiés, ladite Marguerite Taisne, future mariante, assistée que dessus, a déclaré s’en tenir pour contente et bien apaisée sans qu’il soit besoin d’en faire ici plus particulière déclaration.

Et à l’égard des biens et portement de mariage de ladite Marguerite Taisne, sa dite mère a déclaré et déclare qu’après son décès comptera et appartiendra à ladite future mariante, sa fille, tout tel droit d’hérédité immobiliaire de sa succession future et de celle dudit feu Antoine Taisne son mari, qu’il pourra compter, appartenir et échoir à chacun desdits Jean Joseph, Jean Thomas et Jeanne Taisne ses autres enfants, tant en héritage que terres labourables. Et à quoi, ses dits autres enfants ont consenti et consentent par ceste sans aller au contraire. Déclarant au surplus, ladite future mariante qu’en vertu de son contrat de mariage fait avec ledit Simon Hutin son premier mari, elle est demeurée en tous biens meubles et dettes de leur communauté dont et de tout quoi ledit Jean Plichar, futur mariant, assisté que dessus a pareillement déclaré s’en tenir pour content et bien apaisé sans qu’il soit besoin d’en faire ici plus particulière déclaration, après que ladite Jeanne Proye avec ses autres enfants ci-devant nommés, assistants, ont promis de laisser ladite future mariante dans la jouissance d’une boitellée à prendre indivisement dans une mencaudée labourable séante au terroir dudit Walincourt, tenant à une mencaudée de Jeanne Lorquin, ci-devant acquise par ladite Proye sa mère et jusqu’au décès d’icelle.

Ayant été expressément conditionné et accordé d’entre les parties, parents et assistants susnommés, qu’arrivant le décès dudit Jean Plichar par avant sa dite future épouse aussi bien avec hoirs que sans hoirs, en ce cas icelle aura droit de jouir de la totalité dudit jardin et héritage amazé ci-devant déclaré par abouts et tenants au port de mariage d’icelui usufructuairement sa vie durant seulement, à charge du viager de ladite Marie Millot dont elle a droit, comme est repris au port de mariage. Et le contraire arrivant le décès de ladite Marguerite Taisne, future mariante, par avant son dit futur époux aussi bien avec hoirs que sans hoirs en ce cas icelui aura pareillement et réciproquement droit de jouir desdits droits d’hérédité immobiliaire tant de la succession du père d’icelle que de la succession future de sa dite mère, tels qui est repris et mentionné au port de mariage de ladite future mariante aussi usufructuairement sa vie durant seulement. Voulant et entendant lesdites parties, parents et assistants, que les présentes conventions et conditions ci-dessus, respectivement, sortent leur plein et entier effet en faveur de qui il appartiendra sans qu’il soit besoin d’en faire aucun devoir de loi à ce sujet nonobstant tous us et coutume à ce contraire. A quoi ils ont expressément dérogé et dérogent par ceste sans aller au contraire.

Si a été au surplus conditionné et accordé d’entre lesdites parties que le dernier vivant desdits deux futurs conjoints, aussi bien avec hoirs que sans hoirs, demeurera en tous biens meubles, noms, raisons et actions mobiliaires réputés pour tels que délaissera le prémourant à charge de par le survivant payer les dettes, obsèques, service et funérailles du prédécédé.

Tout lequel contrat de mariage et choses dites, lesdites parties ont respectivement promis tenir, entretenir, payer, fournir et entièrement accomplir de point en point et en la manière dite par leur foi et serment sous l’obligation de leurs personnes et biens présents et futurs et sur soixante sols tournoi de peine à donner à tel juge qu’il appartiendra renonçant à toutes choses contraires.

Ce fut ainsi fait et passé audit Walincourt par devant le notaire royal de la résidence de Prémont soussigné en présence dudit Antoine Proye dénommé au préambule du présent contrat, de Jean Leverd, cabaretier, demeurant audit Walincourt requis pour témoins et assistants à ce appelés le vingt septième d’octobre mil sept cent quinze.

Suivent les marques et signatures de Jean Plichar, Marguerite Taisne, Daniel Plichar, Jeanne Proye, Jean Joseph Taisne, Jean Thomas Taisne, Jeanne Taisne, Antoine Proye, Jean Leverd, Leduc (notaire).

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