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Contrat de mariage : Jean PLICHAR et Marie Jeanne GILLIARD : 01-02-1719 [2E26-231]

Comparurent personnellement Jean Plichar, mulquinier de son stil, veuf en première noce de feue Marguerite Taisne, assisté et accompagné de Daniel Plichar son frère et de Jeanne Proye sa belle-mère, tous demeurant à Walincourt d’une part, et Marie Jeanne Gilliard, fille à marier de feux Jacques Gilliard en son vivant laboureur et de Catherine Blutte, qui furent conjoints ses père et mère, assistée et accompagnée de Jean Gilliard son frère, Françoise Gilliard sa sœur veuve de feu Michel Baudry, Louis Leduc son beau-frère, Marie Madeleine Gilliard aussi sa sœur et femme audit Leduc de lui autorisée à l’effet ci-après déclaré, Marguerite Gilliard aussi sa sœur veuve d’Etienne Leclercq, Nicolas Blutte son oncle par alliance et de Jean Baptiste Leclercq son neveu, tous demeurant audit Walincourt d’autre part. Lesquels comparants, de leur bon gré, reconnurent que pour parvenir au mariage entre eux concerté qui de bref au plaisir de Dieu se passera et solennisera en face de notre mère la Sainte Eglise, si elle y consente et accorde d’entre ledit Jean Plichar et ladite Marie Jeanne Gilliard, futurs mariants, ont fait les devises, promesses et conditions dudit futur mariage en la forme et manière que s’en suit.

Et premier, quant est des biens et portement de mariage dudit Jean Plichar, icelui a déclaré et mis en avant qu’en vertu de son contrat de mariage fait avec ladite Marguerite Taisne sa première femme, il est demeuré en tous biens meubles et dettes de leur communauté dont et de tout quoi ladite Marie Jeanne Gilliard, future mariante, assistée que dessus, a déclaré s’en tenir pour contente et bien apaisée sans qu’il soit besoin d’en faire autres déclarations.

Et à l’égard des biens et portement de mariage de ladite Marie Jeanne Gilliard, icelle avec ses dits assistants ont déclaré et mis en avant qu’à elle, future mariante, compte et appartient prestement de la succession de son dit père à elle tombée par droit de maineté tout un certain lieu pourpris et héritage amazé de maison, chambre, cour, puits et autres édifices située audit Walincourt tenant de lisière par haut à l’enclos du château dudit Walincourt, d’autre lisière par bas au marché dudit lieu, d’un bout à l’entrée dudit château, et d’autre bout à l’héritage dudit Jean Gilliard. Et comme la future mariante aurait ci-devant disposé dudit héritage en vertu d’un simple rapport qu’elle en a fait par devant la justice dudit Walincourt pour après son décès appartenir auxdites Françoise et Marie Madeleine Gilliard, ses deux sœurs, laquelle future mariante ne voulant à présent laisser suivre ledit rapport et ensuite du droit et pouvoir par elle réservé et que la coutume lui donne à ce sujet, à ces causes (du gré et consentement de ses dits assistants soussignés en tant que de besoin) a déclaré et déclare qu’elle révoque, casse et annule par le présent ladite disposition et rapport ci-dessus déclaré, de sorte que le tout demeure comme non fait sans porter aucun effet. Duquel portement de mariage, aussi bien que du surplus des autres biens meubles de ladite future mariante, ledit Jean Plichar, futur mariant, assisté que dessus, a pareillement déclaré s’en tenir pour content et bien apaisé, sans qu’il soit besoin d’en faire ici plus particulière déclaration.

Et comme ledit Jean Plichar, futur mariant, se trouve présentement asservi d’un enfant mineur nommé Jeanne Louise Plichar, âgée de deux ans et demi ou environ, qu’il a retenu de ladite Marguerite Taisne sa première femme, icelui Jean Plichar avec sa dite future épouse, du gré et consentement desdits assistants, lui ont assigné et assignent par ceste pour son droit de formoture tant paternel que maternel la somme de vingt huit florins, monnaie de Flandre, payable et délivrable sitôt qu’elle prendra état de mariage ou autre état honorable. Seront au surplus lesdits deux conjoints tenus et obligés de bien et dûment nourrir, entretenir et alimenter ladite mineure de toutes choses requises et nécessaires selon son état et condition jusqu’à ce qu’elle aura atteint l’âge de seize ans accompli en travaillant néanmoins par icelle en ce qu’elle pourra faire jusqu’alors à leur profit, comme aussi l’enseigner et endoctriner chrétiennement et aussi la faire apprendre à filer et à travailler ainsi qu’il convient à sa condition, le tout si apprendre le veut. Moyennant tout quoi, lesdits deux futurs conjoints auront droit de jouir des biens en fond de ladite mineure s’il s’en trouve jusqu’à ce quelle aura atteint ledit âge de seize ans.

Ayant été expressément conditionné et accordé entre les parties, parents et assistant soussignés, qu’arrivant le décès de ladite Marie Jeanne Gilliard par avant son dit futur époux, aussi bien avec hoirs que sans hoirs, en ce cas icelui aura droit de jouir de la totalité dudit héritage amazé ci-dessus entièrement déclaré par abouts et tenants au port de mariage d’icelle usufructuairement sa vie durant seulement en l’entretenant et la payant les rentes seigneuriales annuellement comme à bon viager compte et appartient. Voulant et entendant lesdites parties, parents et assistants soussignés, que la présente condition sorte à l’avenir son plein et entier effet au profit dudit futur mariant ledit cas arrivant comme dessus sans qu’il soit besoin d’en faire aucun devoir de loi ni autres formalités à ce sujet nonobstant tous us et coutume à ce contraire. A quoi il ont en tant que de besoin dérogé et dérogent par ceste tant pour eux que pour leurs ayant cause sans pouvoir aller au contraire.

Si a été au surplus conditionné et accordé entre lesdites parties que le dernier vivant desdits deux futurs conjoints, aussi bien avec hoirs que sans hoirs, demeurera en tous biens meubles réputés pour tels que délaissera le prémourant à charge de par le survivant payer les dettes, obsèques, service et funérailles du prédécédé.

Tout lequel contrat de mariage et choses dites, lesdites parties ont respectivement promis tenir, entretenir, laisser jouir, faire valoir et garantir ledit droit de jouissance, payer, fournir et entièrement accomplir de point en point et en la manière dite par leur foi et serment, sous l’obligation de leurs personnes et biens présents et futurs, et sur soixante sols tournois de peine à donner à tel juge qu’il appartiendra renonçant à toutes choses contraires.

Ce fut fait et passé audit Walincourt par devant le notaire royal de la résidence de Prémont soussigné en présence desdits Nicolas Blutte et Jean Baptiste Leclercq dénommés au préambule du présent contrat de mariage, requis pour témoins et assistant à ce appelés le premier de février mil sept cent dix neuf.

Suivent les marques et signatures de Jean Plichar, Marie Jeanne Gilliard, Daniel Plichar, Jeanne Proye, Jean Gilliard, Françoise Gilliard, Louis Leduc, Marie Madeleine Gilliard, Marguerite Gilliard, Nicolas Blutte, Jean Baptiste Leclercq et Leduc (notaire).

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