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Contrat de mariage entre Grégoire LEDUC et Jeanne Thérèse FIEVET : 01-02-1752 [2E26-466]

Aujourd’hui, premier de février mil sept cent cinquante deux, par devant le notaire royal de la résidence de Cambrai soussigné, sont comparus Grégoire Leduc, fils à marier des feux Grégoire et de Robertine Saudemont, ses père et mère, demeurant au village d’Estourmel, assisté de Jean Louis Leduc son frère, de Michel Charlet son père-grand et tuteur demeurant au village de Fontaine Notre Dame, Pierre Antoine François son beau-frère et aussi son tuteur demeurant à Vis en Artois d’une part. Jeanne Thérèse Fievet, fille aussi à marier de feux Jean Baptiste et de Marie Jeanne Dollet, ses père et mère, demeurant au village de Cattenières, assistée de François et Jean Baptiste Fievet ses frères, de François Dollet son oncle, de Jacques Hégo son beau-frère, de Jean Leroy son oncle et d’Elisabeth sa sœur d’autre part. Et reconnurent lesdites parties que pour parvenir au mariage entre elles pour parler qui de bref au plaisir de Dieu se fera et solennisera en face de notre mère la sainte église si elle y consente et accorde d’avoir convenu ce que s’en suit.

Premièrement, quant est des biens et portements en ce mariage du futur époux, icelui a déclaré, jointement ses tuteurs, qu’il occupe des dames, abbesses et religieuses de Premy, le nombre de cent mencaudées de terre ou environ situées en plusieurs pièces au terroir d’Estourmel et aux environs, suivant l’agrégation qu’elles lui ont donné verbalement. Qu’en outre, il lui restera la propriété de tous les grains naturels à battre, pailles, fourrage et avoine, les chevaux, vaches et charriots, herches, arnats et tous autres ustensiles de labour, avec les biens meublant et effets mobiliaires et pour tels réputés à charge de payer rendage et autres submissions locatives, et généralement tout ce qui est dû tant de rendage qu’arrerages aux dames, abbesses et religieuses, chanoinesses et régulières de l’abbaye de Premy en cette ville.

Et pour tenir lieu à Jean Louis, Philippine, Elisabeth, Antoinette, Madeleine, Cyprien et Marie Anne Leduc, ses sept frères et sœurs de telle part et droit qu’ils auraient ou pu avoir et prétendre, tant au marché qu’auxdits effets mobiliaires, le même futur mariant promet leur payer et retourner la somme de douze cent florins pattar, monnaie de Flandres, à répartir entre eux sept également, et payable lorsqu’ils prendront état honorable ou qu’ils auront atteint l’âge de vingt cinq ans, jusqu’au temps, il promet les nourrir, entretenir, enseigner et faire endoctriner comme à leur état et condition appartient en rendant par iceux leurs peines, services et obéissance au profit des futurs conjoints. Comme maître Denis, notaire à Arras, a fait la vente de tous les meubles et effets délaissés par Grégoire Leduc, leur père commun, au village de Vis en Artois, de quoi il doit rendre compte incessamment, les parties ont en présence convenu que le contenu en sera reçu et partagé entre les huit enfants en payant les dettes dudit Grégoire Leduc à raison de chacun un huitième.

A encore été convenu qu’arrivant que la communauté des effets dessus se trouverait chargée d’autres dettes légitimes que celle dues auxdites dames, chanoinesses, régulières de Prémy, charron, bourlier, maréchal et deniers royaux, elles seront à la charge des sept enfants et diminuées sur ladite somme de douze cent florins onze pattars. Et pour que les clauses et conditions du présent commet soient exécutées selon leur forme et teneur, les parties se pourvoiront par devant messieurs les bailly et hommes de fief dudit Estourmel pour par les tuteurs en requérir l’autorisation et homologation, duquel sa future épouse se contente.

Au regard du portement de la même future épouse, le susdit François Fievet et Marie Elisabeth Hégo sa femme, de lui autorisée, déclarent qu’en conséquence de leur contrat de mariage, ils sont obligés lui payer et retourner pour telle part et droit qu’elle avait dans la maison, jardin et héritage où ils font leur demeure, contenant environ une mencaudée de terre mainferme tenant à l’héritage de François Ségard, d’autre à celuide Marguerite Fievet, par devant à la rue, à deux mencaudées ou environ de terre labourables mainfermes au terroir du même lieu au travers desquelles passent le chemin qui conduit dudit Cattenières à Cambrai, et à tous les meubles et effets mobiliaires et pour tels réputés délaissés par ses père et mère, la somme de douze cent florins une fois payable à termes et paiements égaux. Savoir trois cent florins sitôt le mariage consommé, autre trois cents florins en un an date de cette, et ainsi continuer d’an en an jusqu’à parfait paiement. Au moyen de quoi, elle déclare de renoncer au profit de ses dits frère et belle-sœur à telle part et droit, noms, raisons et actions qu’elle peut avoir et prétendre dans lesdits effets mobiliaires et immobiliaires de ses feux père et mère, avec promesse d’en faire et passer toutes œuvres de loi requises et nécessaires pour les immeubles lorsqu’elle aura atteint l’âge de vingt ans, aux dépens et à la première demande et réquisition de leurs dits frères et sœurs. Finalement, lui fourniront pour le jour de ses épousailles, une vache et une armoire ou un coffre à son choix, et autres petites pièces d’étain à leur volonté, qui est son portement duquel son futur mari se contente.

Convenu entre les parties qu’à dissolution de ce mariage, soit à enfant ou non, le survivant des futurs conjoints sera et demeurera seul et paisible propriétaire de tous les biens meubles, actions mobiliaires et pour tels réputés, et outre le viager des immeubles que délaissera le prémourant, en payant par le survivant toutes dettes, obsèques, service et funérailles du décédé, sauf qu’arrivant la mort de l’un ou l’autre des futurs conjoints sans enfants, que le survivant sera tenu payer et retourner aux plus proches parents et amis du prémourant la somme de deux cent livres une fois où après le cas arrivé.

A l’accomplissement desquelles clauses et conditions, les parties ont obligé leurs personnes et biens, terres et héritages, présent à venir sur soixante sols tournois de peine renonçant à choses contraires. Et passé en la dite ville de Cambrai les jour et an susdits en présence de Joseph Ledieu, et de Jean Gioque, praticiens audit Cambrai témoins à ce requis. Etait signé ou marqué : Jeanne Thèrese Fievet, Michel Charlet, Jean Louis Leduc, Pierre Antoine François, François Fievet, Jean Philippe Fievet, François Dollet, Marie Elisabeth Hégo, Jacques Hego, Jean Leroy et comme notaire B.Queulain.

 

 

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